Herbe à chat, cataire et valériane : différences et choix des jouets
Par Olivier Thomas — Home Chat Heureux · 3 novembre 2026
Un chat se roule sur un jouet à la cataire ; un autre l’ignore et préfère la valériane. Comment s’y retrouver entre herbe à chat, catnip et matatabi ? Voici les distinctions utiles, les résultats de quelques études et des repères pour choisir sans transformer une odeur attractive en promesse de soin.

Herbe à chat ou herbe-aux-chats : deux usages à distinguer
L’expression « herbe à chat » est ambiguë. Elle peut désigner des jeunes pousses à mâchonner, souvent issues de céréales comme le blé, l’orge ou l’avoine. La cataire, Nepeta cataria, est une autre plante : elle est surtout connue pour la réaction olfactive qu’elle déclenche chez certains chats. Ce ne sont ni le même végétal ni le même usage. [1]
Avant de choisir, regardez le nom botanique et la présentation du produit. Un pot d’herbe à mâchonner, des feuilles séchées dans un jouet et un extrait concentré ne doivent pas être considérés comme interchangeables.
| Nom courant | Végétal | Ce qu’il faut distinguer |
|---|---|---|
| Herbe à chat en pot | Jeunes pousses, notamment de céréales | Proposition à mâchonner, différente d’un jouet odorant. |
| Cataire / catnip | Nepeta cataria | Feuilles utilisées comme stimulation olfactive. |
| Valériane | Valeriana officinalis | La racine a été étudiée pour la réponse des chats. |
| Matatabi / silver vine | Actinidia polygama | Les parties de la plante et les préparations diffèrent. |
Pourquoi certains chats se frottent-ils à ces plantes ?
Renifler, se frotter la tête, rouler, lécher ou mâchonner peuvent faire partie de la réponse observée à certaines plantes attractives. Il ne faut pas déduire d’une réaction spectaculaire que le chat est forcément anxieux, qu’il avait besoin d’un traitement ou qu’un autre chat réagira de la même façon.
Les travaux de Uenoyama et ses collègues, publiés en 2021, ont étudié la réponse à des iridoïdes présents dans la cataire et le matatabi, dont la népétalactone et le népétalactol. Ils apportent des éléments sur les mécanismes de cette réaction et sur un effet répulsif envers des moustiques dans leurs conditions expérimentales. Cela ne transforme pas un jouet en produit antiparasitaire. [3]
La bonne question reste pratique : votre chat choisit-il de s’approcher et peut-il repartir librement ? Un objet intéressant doit rester une proposition, pas une exposition imposée.

Cataire ou valériane : ce que montre une étude comparative
Bol et ses collègues ont comparé plusieurs matières végétales auprès de 100 chats domestiques en 2017. Dans cet échantillon, 68 % ont répondu à la cataire, 47 % à la racine de valériane et 79 % au matatabi. Les résultats varient donc selon le végétal et l’individu. [2]
Ces chiffres décrivent une étude, pas une probabilité garantie pour le jouet acheté. Les matières testées, les quantités, la présentation et les chats observés ne représentent pas toutes les situations domestiques. La comparaison ne démontre pas non plus qu’un produit serait « meilleur » pour chaque animal.
Un chat indifférent à la cataire n’est pas un chat qui joue mal. Vous pouvez observer d’autres préférences : mouvement, texture, objet à transporter ou jeu avec vous. Il n’est pas nécessaire de multiplier les odeurs pour obtenir une réaction.
La valériane est-elle un calmant pour le chat ?
La réponse à une racine odorante dans une étude comportementale ne démontre pas l’efficacité d’un traitement de l’anxiété. Un jouet peut intéresser un chat sans être un médicament ; l’absence d’intérêt ne justifie pas non plus d’augmenter les quantités ou de lui administrer un produit destiné aux humains.
En 2023, Uenoyama et ses collègues ont évalué certains indicateurs de sécurité du matatabi. Dans les conditions étudiées, ils n’ont pas observé de signes de dépendance ni d’augmentation des indicateurs sanguins de stress ou de lésions hépatiques et rénales examinés. Ces résultats concernent leur protocole et le matatabi : ils ne valident pas toutes les plantes, toutes les concentrations ni tous les produits commerciaux. [4]
Si votre chat manifeste un changement de comportement ou une difficulté persistante, recherchez-en la cause avec son vétérinaire. Ne comptez pas sur un jouet odorant pour résoudre seul la situation.

Comment choisir un jouet à la cataire ou à la valériane ?
Commencez par vérifier ce que la fiche indique réellement : plante employée, rembourrage, matières, taille, entretien et précautions. Les mots « naturel » ou « artisanal » ne suffisent pas à déterminer si un objet convient à votre chat.
- La forme : peut-il le prendre avec les pattes, le porter ou le poursuivre ?
- La résistance : faut-il surveiller particulièrement les coutures et les parties rapportées ?
- L’usage : s’agit-il d’un jouet à proposer avec vous ou d’un objet dont la mise à disposition est permise selon sa notice ?
- La composition : le produit contient-il de la cataire, de la valériane ou un mélange clairement identifié ?
Dans la boutique Home Chat Heureux, les Softy Bird et Softy Fish sont présentés à la cataire ; le Cutty Cat à la valériane. Consultez chaque fiche pour les caractéristiques et consignes, sans attendre une réaction identique de tous les chats.
Proposer, observer et ranger : une méthode simple
Présentez un seul objet dans un endroit calme, puis laissez le chat décider. Notez ce qu’il fait sans le rapprocher de force du jouet. Si vous voulez comparer deux modèles, essayez-les séparément plutôt que de mêler toutes les odeurs d’emblée.
Le jeu comprend aussi les échanges avec vous. Les ressources de Battersea rappellent l’intérêt d’objets qui permettent de jouer à distance des mains, ainsi que celui des jouets souples adaptés aux prises et aux coups de pattes. Les senteurs peuvent compléter ces supports, pas remplacer toute activité. [5]
Contrôlez régulièrement l’état du jouet et suivez sa notice. Retirez un objet abîmé. Les recommandations AAFP/ISFM demandent de ranger après le jeu les ficelles et les composants susceptibles d’être ingérés, et de prêter attention aux petites pièces avant tout jeu sans surveillance. [6]
Pour construire un quotidien plus riche, poursuivez avec notre guide sur l’ennui du chat d’intérieur et notre article pourquoi et comment jouer avec son chat.
Consulter les sources et aller plus loin
Études et ressources pour aller plus loin
Les études expérimentales renseignent des réponses dans leurs conditions de réalisation. Elles ne démontrent pas l’efficacité médicale des jouets présentés et ne constituent pas une garantie individuelle.
- LifeLearn Animal Health / VCA Animal Hospitals. Pousses d’herbe pour chats : distinguer les usages (en anglais). Distinction entre pousses d’herbe et cataire ; ressource consultée le 3 novembre 2026.
- Bol S. et coll., 2017. Réactions des chats au matatabi, à la valériane et à la cataire (en anglais). BMC Veterinary Research, 13, 70. DOI : 10.1186/s12917-017-0987-6. Étude comparative auprès de 100 chats.
- Uenoyama R. et coll., 2021. Iridoïdes végétaux et protection contre les moustiques : étude expérimentale (en anglais). Science Advances, 7, eabd9135. DOI : 10.1126/sciadv.abd9135.
- Uenoyama R. et coll., 2023. Évaluation du matatabi comme enrichissement olfactif (en anglais). iScience, 26, 107848. DOI : 10.1016/j.isci.2023.107848.
- Battersea Dogs & Cats Home. Jouer avec son chat (en anglais). Recommandations pratiques, consultées le 3 novembre 2026.
- Ellis S. L. H. et coll., 2013. Besoins environnementaux du chat — recommandations AAFP/ISFM (en anglais). Journal of Feline Medicine and Surgery, 15, 219–230. DOI : 10.1177/1098612X13477537.